Le Provisoire et l'Eternel

Jacqueline Kelen

Jacqueline Kelen est une pasionaria, une femme de feu, dont l'oeuvre est entièrement dédiée à une quête amoureuse passionnée, d'une exigence abrupte mais débordant de vie. Pour elle, l'amour fou ne rend pas aveugle, il montre l'autre « tel que Dieu l'a rêvé ». C'est un amour profondément spirituel, qui dresse toute son attention et son vécu vers l'infini d'une transcendance, vers l'absolu, vers le divin, qui nous dépasse infiniment. Mais comment vivre la dimension divine qui nous habite quand on est un humain ? Pour tenter de mettre à plat les tensions que cette double contrainte fait naître, Jacqueline a pris des notes, qui ont fini par donner une sorte de journal. C'est ce journal qu'elle partage aujourd'hui avec nous. Le Provisoire et l'Eternel est une passionnante suite de petits textes qui nous lancent des questions fulgurantes et essentielles. Que veut vraiment dire « guérir » ? Qu'est-ce que l'enfer ? Qu'est-ce que l'amour ? L'esprit chevaleresque est-il encore possible dans notre monde ? Dois-je accepter l'autre tel qu'il est ou mon amour ne doit-il pas exiger de lui qu'il réveille sa part divine ? Une promenade parfois inattendue, qui vous pousse au sommet de vos questions... comme celles que lui pose Marc de Smedt, dans le CD qui accompagne le livre. Lire la suite

192 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 140x215

Chapeau

Citation presse

L'auteure Jacqueline Kelen est une écrivaine française, diplômée de lettres classiques et productrice à France Culture. La plupart des quelque trente ouvrages qu'elle a écrits - citons entre autres Marie-Madeleine, Un amour infini, L'Eternel masculin ou Les Femmes éternelles - sont consacrés aux grands mythes de l'humanité, avec une belle érudition, mais toujours dans une perspective mystique.

Coulisses

INTERVIEW Patrice van Eersel : Votre nouveau livre est comme écartelé entre votre soif d'absolu et les limites tragiques de la condition humaine. N'y a-t-il pas place pour un quotidien heureux entre les deux ? Jacqueline Kelen : Bien sûr, mais à condition de toujours se rappeler que nous ne sommes ici que de passage, locataires d'un corps et d'une terre éphémères. Les humains oublient trop qu'ils vont mourir et se perdent dans des chemins illusoires. Se réveiller de ce somnambulisme apporte une liberté et une joie infinies. Mais cela exige que l'on s'arrache à ses conditionnements, que l'on lâche son sacro-saint besoin de sécurité. C'est encore plus difficile dans notre société de consommation, de confort et de spectacle vaniteux et égotique, où l'illusion scientiste va jusqu'à faire croire aux foules que l'on va « supprimer la mort », comme le prétendent les transhumanistes, qui font vraiment pitié. La question est de savoir comment ne pas mourir pour de bon. Comment ? En accédant à notre part immortelle et divine, à notre esprit. Trois voies nous sont proposées pour cela : celle des mythes, celle de la philosophie et celle des spiritualités du salut.

Entre nous

SUITE INTERVIEW Patrice van Eersel : Et les religions ? Jacqueline Kelen : La religion représente l'écrin, la coque, le contenant. La spiritualité, c'est le diamant, l'amande, le contenu. Sans spiritualité, une religion n'est qu'une morale... qui pourrait aller jusqu'à se passer du divin ! Or, pour moi, une spiritualité ne peut se concevoir sans accès à la transcendance - ou alors on se paye de mots. Au-delà de toute institution, une spiritualité authentique imprègne l'existence entière et pas seulement les moments de liturgie. Vivre spirituellement, c'est aimer, jouer, créer, lire, se cultiver... Patrice van Eersel : Votre propos est parfois sévère... Jacqueline Kelen : Nous sommes infiniment faillibles, mais aussi infiniment perfectibles. Le travail est le même pour tous : maîtriser ses passions dévorantes, ne pas se laisser gouverner par son « sac de peau », faire émerger le meilleur de soi, laisser la lumière d'amour nous traverser... Patrice van Eersel : L'idée de l'amour courtois traverse toute votre oeuvre. Est-ce un amour platonique, désincarné ? Jacqueline Kelen : Certainement pas ! Les « fins amants » s'aiment physiquement, mais sans précipitation pulsionnelle. Ils vivent dans la célébration d'une flamme divine qui les dépasse infiniment et ne s'éteint jamais. Pour cela, ils respectent une sorte de code, ne vivent pas ensemble, ne se voient pas tous les jours, gardent toujours entre eux une distance enchantée (...) : l'autre ne sera jamais moi et c'est une merveille. C'est parce qu'il est autre que je pourrai toujours le désirer.

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