Il nous faut tous un jour apprendre à mourir

Davina Delor

C'est sans aucun doute son livre le plus intime, le plus touchant, le plus envoûtant même, que Davina Delor nous offre ici. Un livre dans lequel il est question de la mort : nous vivons avec elle du premier au dernier jour de notre vie, car elle est l'issue inéluctable. Elle emporte, aussi, des êtres qui nous sont chers. Mais... où les emporte-t-elle ? Et cette mort à laquelle chacun de nous se sait promis, pourquoi devrait-elle forcément nous angoisser, et pourquoi sommes-nous toujours tentés... de ne pas (trop) y penser ? C'est une nouvelle perception de la mort que Davina Delor nous invite à adopter. Pour cela, elle parle d'elle et de ses expériences, de ses cheminements. Elle nous livre des prières, nous parle de la Terre bienfaisante, de la communion, de la présence de nos êtres défunts. Le monde n'est pas seulement ce qu'il nous présente de lui et nous-mêmes ne sommes pas limités à notre simple apparence. Entendons le chant de la Nature, du Vivant et de l'Amour. Lire la suite

224 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 150x210

INTERVIEW DAVINA DELOR


1.
L'orgueil, l'égoïsme, la colère ou encore le ressentiment se rencontrent souvent, à divers degrés, chez des personnes « spirituellement égarées », qui peinent à croire à l'au-delà ; comment leur parler, comment les inviter à s'ouvrir à la beauté ?

Le langage le plus adapté face à ces personnes, c'est de leur parler de la vie, la vie telle qu'elle est, telle que nous la vivons tous ; leur parler du regard qu'elles portent sur cette vie et leur suggérer de poser un autre regard : avoir de l'intérêt pour les autres et regarder la beauté des choses simples. On peut aussi les inviter à regarder comment fonctionne la nature, qui ne meurt jamais : il n'y a jamais de fin dans la nature, il n'y a que des recommencements. La nature et les saisons nous démontrent que la mort n'existe pas.


2
La mort est présente dans la vie de tout être : chacun traverse des deuils, chacun est confronté à l'angoisse de sa propre fin. Comment changer la perception que nous avons de la mort ? Quelle réflexion doit-on mener pour l'appréhender différemment, pour se réconcilier avec elle ?

Nous disposons d'une multitude de témoignages sur la mort : certaines personnes ont vécu des comas et en sont sorties, d'autres ont simplement eu des absences de courte durée mais en sont revenues avec des souvenirs... La littérature sur la mort est riche – citons le Dr Raymond Moody, qui étudie le sujet depuis de nombreuses années – et est désormais très accessible : elle rassemble des témoignages dont les similitudes sont frappantes. La physique quantique offre également des réflexions intéressantes. Rien n'est jamais vraiment « fini » : tout se transforme toujours ; rien de ce qui existe ne disparaît jamais totalement : ce qui existe peut prendre une autre forme, se renouveler autrement, mais il y a toujours transformation. Les expériences de vie et de mort démontrent qu'il y a transformation et continuité de cette transformation.


3.
Comment parler avec un défunt et comment sentir sa présence ? Et quel langage tenir – et quelle attitude avoir – en présence de quelqu'un qui va mourir ?

Nous savons que nous ne sommes pas qu'un corps : nous avons une conscience, qui ne peut pas être appréhendée par les sens, mais qui existe bel et bien. Le cerveau d'une personne dans le coma est certes coupé du monde sensible, mais sa conscience est totalement présente. D'ailleurs, on sait d'expérience que les comateux entendent parfaitement ce qui se dit et savent très bien ce qui se passe autour d'eux. Je crois que quand on est près d'une personne qui va mourir, il n'y a pas de nécessité de parler, il n'y a pas de besoin de verbaliser : nous nous adressons à la conscience et tout dépend de notre pensée ; nous sommes, en quelque sorte, de « présence à présence ». Près d'un mourant, il faut être très calme, montrer beaucoup de douceur et d'écoute. Si la personne est consciente et parle, il est important de parler de la mort comme d'un voyage à l'aboutissement heureux. Si cela n'est pas possible (certains individus redoutent trop le sujet), il faut alors simplement parler des moments heureux de la vie de manière à adoucir le passage.


Chapeau

Davina Delor marie réflexion, prières, récit d'expériences, le tout dans un style d'une douceur poétique unique.

Interview

DAVINA DELOR


1.
L'orgueil, l'égoïsme, la colère ou encore le ressentiment se rencontrent souvent, à divers degrés, chez des personnes « spirituellement égarées », qui peinent à croire à l'au-delà ; comment leur parler, comment les inviter à s'ouvrir à la beauté ?

Le langage le plus adapté face à ces personnes, c'est de leur parler de la vie, la vie telle qu'elle est, telle que nous la vivons tous ; leur parler du regard qu'elles portent sur cette vie et leur suggérer de poser un autre regard : avoir de l'intérêt pour les autres et regarder la beauté des choses simples. On peut aussi les inviter à regarder comment fonctionne la nature, qui ne meurt jamais : il n'y a jamais de fin dans la nature, il n'y a que des recommencements. La nature et les saisons nous démontrent que la mort n'existe pas.


2
La mort est présente dans la vie de tout être : chacun traverse des deuils, chacun est confronté à l'angoisse de sa propre fin. Comment changer la perception que nous avons de la mort ? Quelle réflexion doit-on mener pour l'appréhender différemment, pour se réconcilier avec elle ?

Nous disposons d'une multitude de témoignages sur la mort : certaines personnes ont vécu des comas et en sont sorties, d'autres ont simplement eu des absences de courte durée mais en sont revenues avec des souvenirs... La littérature sur la mort est riche – citons le Dr Raymond Moody, qui étudie le sujet depuis de nombreuses années – et est désormais très accessible : elle rassemble des témoignages dont les similitudes sont frappantes. La physique quantique offre également des réflexions intéressantes. Rien n'est jamais vraiment « fini » : tout se transforme toujours ; rien de ce qui existe ne disparaît jamais totalement : ce qui existe peut prendre une autre forme, se renouveler autrement, mais il y a toujours transformation. Les expériences de vie et de mort démontrent qu'il y a transformation et continuité de cette transformation.


3.
Comment parler avec un défunt et comment sentir sa présence ? Et quel langage tenir – et quelle attitude avoir – en présence de quelqu'un qui va mourir ?

Nous savons que nous ne sommes pas qu'un corps : nous avons une conscience, qui ne peut pas être appréhendée par les sens, mais qui existe bel et bien. Le cerveau d'une personne dans le coma est certes coupé du monde sensible, mais sa conscience est totalement présente. D'ailleurs, on sait d'expérience que les comateux entendent parfaitement ce qui se dit et savent très bien ce qui se passe autour d'eux. Je crois que quand on est près d'une personne qui va mourir, il n'y a pas de nécessité de parler, il n'y a pas de besoin de verbaliser : nous nous adressons à la conscience et tout dépend de notre pensée ; nous sommes, en quelque sorte, de « présence à présence ». Près d'un mourant, il faut être très calme, montrer beaucoup de douceur et d'écoute. Si la personne est consciente et parle, il est important de parler de la mort comme d'un voyage à l'aboutissement heureux. Si cela n'est pas possible (certains individus redoutent trop le sujet), il faut alors simplement parler des moments heureux de la vie de manière à adoucir le passage.


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